Votre microbiote intestinal influence bien plus que votre digestion : il impacte votre santé globale, de l’immunité à des troubles comme l’obésité ou la dépression. Comprendre sa composition est essentiel pour rétablir un équilibre en cas de déséquilibre (dysbiose). Voici un comparatif des 5 principales méthodes d’analyse disponibles, chacune ayant ses forces et limites :
- Séquençage 16S rRNA : Méthode abordable (159 € à 210 €), idéale pour un aperçu général des bactéries. Limite : ne distingue pas toujours les espèces.
- Métagénomique Shotgun : Analyse complète de l’ADN microbien, précise jusqu’à la souche, mais coûte plus cher (150 € à 300 €) et prend plus de temps (4 à 8 semaines).
- Biomarqueurs Fécaux : Évaluation ciblée de bactéries clés et indices de diversité. Accessible, mais résultats parfois variables selon les kits.
- Tests Respiratoires : Détectent les gaz produits par les bactéries (hydrogène, méthane) pour identifier des troubles comme le SIBO. Méthode rapide mais moins précise.
- Cultures Bactériennes : Permet d’isoler des bactéries vivantes et d’identifier des pathogènes rares. Longue (jusqu’à 30 jours) et coûteuse.
Comparatif Rapide
| Méthode | Précision Taxonomique | Délai de Résultats | Prix (€) | Points Forts | Limites |
|---|---|---|---|---|---|
| Séquençage 16S rRNA | Genre | 2 à 4 semaines | 159–210 | Abordable, aperçu général | Peu d’infos fonctionnelles |
| Métagénomique Shotgun | Espèce/Souche | 4 à 8 semaines | 150–300 | Analyse complète, fonctions microbiennes | Coût élevé, complexité |
| Biomarqueurs Fécaux | Bactéries spécifiques | 4 à 6 semaines | Variable | Indices santé intestinale | Variabilité entre kits |
| Tests Respiratoires | Activité microbienne | Rapide (3h) | Modéré | Détecte SIBO/IMO | Pas d’identification précise |
| Cultures Bactériennes | Espèce/Souche | Jusqu’à 30 jours | Élevé | Bactéries vivantes, pathogènes rares | Longue, coûteuse |
Chaque méthode a ses usages spécifiques. Pour des résultats fiables, consultez un professionnel de santé pour interpréter vos analyses et ajuster votre alimentation ou traitement en conséquence.

Comparatif des 5 Tests du Microbiote Intestinal : Prix, Délais et Précision
1. Métagénomique ciblée (séquençage 16S rRNA)
Technique analytique
Le séquençage 16S rRNA, également appelé metabarcoding, cible le gène de l’ARN ribosomal 16S, un marqueur commun aux bactéries et aux archées. Ce gène est largement utilisé pour leur identification [4]. Le processus commence par l’extraction de l’ADN d’un échantillon de selles, suivie de l’amplification par PCR des régions hypervariables du gène 16S (souvent les régions V3–V4), avant le séquençage des fragments obtenus [4].
Résolution taxonomique
Cette méthode permet d’identifier les bactéries jusqu’au niveau du genre, mais elle a des limites pour distinguer les espèces spécifiques [4]. Comme seules certaines régions hypervariables sont séquencées, la précision est moindre comparée au séquençage complet du gène 16S, qui produit des résultats plus proches de ceux obtenus avec la métagénomique shotgun. Par ailleurs, les résultats dépendent fortement du pipeline bioinformatique utilisé et de la base de données de référence. Une étude multicentrique a révélé que près de la moitié des genres identifiés par un laboratoire étaient exclusifs à celui-ci, mettant en lumière des variations notables entre laboratoires [4].
Fourchette de prix
Le séquençage 16S rRNA est l’option la plus économique pour analyser le microbiome. En Europe, le coût d’un tel test varie entre 159 € et 210 € [7]. Son prix abordable contribue à sa popularité. Ainsi, environ 66 % des personnes interrogées considèrent qu’un test du microbiome pourrait être utile [7].
Délai de traitement
Les laboratoires annoncent un délai de traitement compris entre 2 et 4 semaines. Ce laps de temps inclut les étapes d’extraction, d’amplification, de séquençage et d’analyse bioinformatique [7].
Utilité clinique
Bien que cette méthode soit efficace pour dresser un aperçu général de la communauté microbienne, elle ne fournit aucune information sur les fonctions métaboliques des bactéries [3]. Selon un panel international d’experts, il n’existe pas encore de preuves suffisantes pour recommander l’utilisation du séquençage 16S en pratique clinique de routine, sauf dans le cadre de projets de recherche [2]. Les résultats doivent donc être considérés comme descriptifs et non diagnostiques. Les spécialistes estiment qu’il est encore trop tôt pour associer ces analyses à des prédictions fiables sur les risques de maladies [7]. Pour une meilleure compréhension du microbiote, il est essentiel d’adopter une approche globale, combinant analyses et stratégies personnalisées en matière d’alimentation et de mode de vie. Passons maintenant à l’examen d’autres méthodes d’analyse du microbiote intestinal.
2. Shotgun Metagenomics
Technique analytique
La métagénomique shotgun adopte une méthode différente du séquençage 16S : elle analyse l’ensemble de l’ADN contenu dans un échantillon, sans ciblage spécifique. Cela permet de capturer tout le matériel génétique bactérien, viral et fongique, sans introduire de biais liés à l’amplification [3][6].
Résolution taxonomique
Grâce à cette approche, il est possible d’identifier les micro-organismes jusqu’au niveau de l’espèce, voire de la souche [6][11]. Une étude prospective réalisée par Claudie Lamoureux à l’Hôpital de la Cavale Blanche a comparé cette méthode au séquençage Sanger 16S sur 67 échantillons provenant de patients dont les cultures traditionnelles n’avaient rien révélé. Résultat : la métagénomique shotgun a permis d’identifier l’agent pathogène au niveau de l’espèce dans 28 cas, contre seulement 13 pour le séquençage Sanger 16S [6].
« Cette technologie a le potentiel de remplacer le Sanger 16S dans la pratique de routine pour le diagnostic des maladies infectieuses. » – Claudie Lamoureux, Hôpital de la Cavale Blanche [6]
Potentiel fonctionnel
En plus de fournir une identification taxonomique, la métagénomique shotgun offre une vision sur le potentiel métabolique du microbiote [11]. Cela signifie qu’elle permet de déterminer non seulement quelles bactéries sont présentes, mais aussi leurs capacités fonctionnelles. Cette information est essentielle pour mieux comprendre les interactions entre le microbiote et la santé de l’hôte [3][5].
Fourchette de prix et délai
Le coût de la métagénomique shotgun reste plus élevé que celui du séquençage 16S, principalement en raison du volume de données générées et de la complexité des analyses bioinformatiques [11]. Les tests commerciaux coûtent généralement entre 150 € et 300 € [10][12]. Cependant, une variante plus récente, appelée métagénomique shotgun superficielle (shallow shotgun metagenomics), offre des profils taxonomiques similaires à un tarif comparable à celui du metabarcoding [8]. Quant aux délais, il faut compter entre 4 et 8 semaines pour obtenir un rapport complet, bien que le séquençage en lui-même prenne environ 39 heures [9][12].
Utilité clinique
Dans le domaine clinique, la métagénomique shotgun a montré un taux de détection plus élevé. Par exemple, elle a permis d’identifier une étiologie bactérienne dans 46,3 % des cas cliniques, contre 38,8 % avec le séquençage Sanger 16S [6]. Avec une profondeur de séquençage de 500 000 lectures par échantillon, cette méthode peut détecter jusqu’à 90 % des espèces dont l’abondance relative dépasse 0,0004 [8]. Cependant, comme pour le séquençage 16S, les experts soulignent que les tests commerciaux manquent souvent d’une validation médicale rigoureuse [10][12].
3. Analyse des biomarqueurs fécaux
Technique analytique
L’analyse des biomarqueurs fécaux repose sur une méthode ciblée qui examine des indicateurs spécifiques pour évaluer l’état de santé de l’intestin. Parmi ces indicateurs, on retrouve les indices de diversité microbienne, tels que l’indice de Shannon, qui mesure la variété et l’abondance des micro-organismes présents. Une diversité microbienne élevée est généralement associée à une meilleure santé intestinale, tandis qu’une diversité réduite peut être considérée comme un signe de déséquilibre [7]. Certains tests incluent également des indices propriétaires, comme un « indice de dysbiose » ou un « indice de santé intestinale ». Cependant, ces indices manquent souvent de normes scientifiques bien établies [7].
Résolution taxonomique
Contrairement aux méthodes de séquençage 16S ou shotgun, l’analyse des biomarqueurs fécaux se concentre sur des bactéries spécifiques, souvent considérées comme essentielles. Elle permet de mesurer l’abondance relative de bactéries protectrices, comme Faecalibacterium prausnitzii et Akkermansia muciniphila, qui jouent un rôle clé dans la protection de la barrière intestinale [7]. Les échantillons sont également classés en entérotypes (par exemple, dominés par Bacteroides ou Ruminococcus) pour mieux comprendre la structure microbienne [7]. Cependant, une analyse comparative de six kits commerciaux a mis en évidence des disparités notables : pour un même échantillon, un kit a estimé l’abondance de Faecalibacterium à 14,16 %, tandis qu’un autre l’a évaluée à 8,41 % [7].
Fourchette de prix et délai
Avec l’émergence de services de tests accessibles directement aux consommateurs, les analyses de biomarqueurs fécaux sont devenues plus répandues. Toutefois, elles sont souvent réalisées sans encadrement réglementaire strict ni validation clinique robuste [2]. Les résultats pour une analyse complète du microbiote intestinal nécessitent généralement entre 4 et 6 semaines [1]. L’utilisation d’écouvillons rectaux, comme l’ESwab™, simplifie le processus par rapport à la collecte d’échantillons de selles entiers, rendant ces tests plus pratiques [13]. Malgré ces avancées, les coûts et délais associés soulèvent des questions sur leur utilité réelle, surtout dans un cadre clinique.
Utilité clinique
Selon une enquête internationale, 95 % des participants ayant reçu des informations détaillées sur leur microbiote de la part d’un professionnel de santé ont adopté des mesures pour préserver un microbiome équilibré [7]. Cependant, les experts rappellent que l’analyse des biomarqueurs fécaux ne remplace pas le séquençage complet du microbiote, qui offre une vue plus globale [2]. Pour être réellement utiles, ces tests devraient être interprétés en tenant compte de facteurs personnels tels que l’alimentation, la prise de médicaments ou encore le temps de transit intestinal. En effet, le microbiome est en constante évolution sous l’influence de l’environnement [7]. À ce jour, les preuves scientifiques ne suffisent pas pour recommander ces tests comme outil diagnostique de routine dans un cadre clinique élargi [2].
4. Méthodes de tests respiratoires
Technique analytique
Les tests respiratoires suivent un principe simple mais efficace : ils mesurent les gaz expirés après l’ingestion d’un substrat, généralement 10 g de lactulose ou de glucose, fermenté par les microbes de l’intestin grêle. Pendant un protocole standard de 180 minutes, des prélèvements sont effectués toutes les 20 minutes pour analyser trois gaz principaux : l’hydrogène (H2), produit par la fermentation bactérienne, le méthane (CH4), généré par les méthanogènes, et plus récemment, le sulfure d’hydrogène (H2S), utile pour détecter certaines proliférations bactériennes spécifiques. Un test est considéré comme positif si l’hydrogène augmente d’au moins 20 ppm en 90 minutes ou si le méthane atteint ou dépasse 10 ppm [14]. Cette méthode offre une vision dynamique de l’activité microbienne, complétant ainsi les analyses de séquençage.
Résolution taxonomique
Contrairement aux techniques de séquençage, les tests respiratoires ne permettent pas d’identifier précisément les espèces bactériennes. Ils se contentent de différencier les microorganismes en fonction du gaz qu’ils produisent : les bactéries productrices d’hydrogène d’un côté, et les archées productrices de méthane de l’autre. Cette approche, bien que limitée sur le plan taxonomique, reste utile. Une étude menée auprès d’une cohorte clinique française a révélé que 68,1 % des patients symptomatiques présentaient une forme de prolifération bactérienne, qu’il s’agisse de SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth) ou d’IMO (Intestinal Methanogen Overgrowth) [14].
Délai et utilité clinique
Le protocole impose quelques contraintes préalables : arrêter les antibiotiques un mois avant le test, les laxatifs et prokinétiques sept jours avant, suivre un régime alimentaire spécifique la veille et s’abstenir de fumer pendant les 12 heures précédant l’examen. Cependant, dans 86,5 % des cas d’IMO, une simple mesure de méthane à jeun (≥10 ppm) suffit pour détecter la prolifération, sans attendre les 180 minutes complètes. Il est également observé que les proliférations dominées par l’hydrogène sont souvent liées à des épisodes de diarrhée, tandis que celles dominées par le méthane, connu pour ralentir le transit intestinal, sont davantage associées à la constipation [14].
« La diversité du SIBO/IMO rend cette affection difficile à diagnostiquer et souvent sous-estimée. » – Anne Plauzolles, PhD, Laboratoire Européen Alphabio Biogroup [14]
Nous allons maintenant examiner les méthodes de culture traditionnelle.
5. Méthodes de microbiologie par culture
Technique analytique
La culturomique représente une évolution de la culture bactérienne traditionnelle. Elle repose sur l’adaptation des milieux, des températures et des atmosphères pour recréer les conditions de l’environnement intestinal. Le processus commence par un enrichissement en milieu liquide, suivi d’un repiquage sur gélose solide. Les colonies obtenues sont ensuite analysées grâce à la spectrométrie de masse MALDI-TOF, une méthode qui examine la composition protéique des bactéries. Si cette technique ne permet pas une identification, un séquençage du gène 16S rRNA est utilisé en complément [15][17]. Cette approche nécessite un matériel spécialisé, comme des chambres anaérobies, car les bactéries intestinales prolifèrent beaucoup plus en l’absence d’oxygène, avec une concentration 100 à 1 000 fois supérieure à celle observée en conditions aérobies [16]. La culturomique se distingue par sa capacité à explorer la diversité complexe du microbiote intestinal.
Résolution taxonomique
L’un des grands atouts de la culturomique est sa précision au niveau de l’espèce et même de la souche. Elle permet d’identifier des populations bactériennes rares, souvent invisibles pour la métagénomique, qui ne peut détecter que des bactéries présentes en quantités supérieures à 10⁵ par gramme de selles [17]. Entre 2015 et 2018, cette méthode a contribué à la découverte de 66,2 % des nouvelles espèces procaryotes humaines [15]. Une étude réalisée en juin 2020 à l’IHU Méditerranée Infection à Marseille a montré qu’en utilisant 58 conditions de culture différentes sur 8 échantillons fécaux, 497 espèces bactériennes ont été isolées, dont 19 taxons totalement nouveaux. Par la suite, les chercheurs ont simplifié le protocole pour réduire les conditions de culture à 16, tout en conservant 98 % de la diversité bactérienne [15].
Délai d’analyse
L’un des principaux freins à l’utilisation de cette méthode est le temps requis. Pour permettre la croissance des bactéries les plus lentes, les cultures doivent être surveillées pendant 30 jours [15]. Une fois l’incubation terminée, l’identification par MALDI-TOF demande encore entre 24 et 72 heures [18]. Par ailleurs, la viabilité des échantillons est fortement affectée par l’exposition à l’oxygène : sans milieu protecteur, la culturabilité peut chuter à 50 % après 120 minutes d’exposition, mais elle reste à 87 % si cette exposition est limitée à moins de 2 minutes [16]. Malgré ces contraintes, la méthode se distingue par ses applications spécifiques en clinique.
Utilité clinique
La culturomique est indispensable pour isoler des bactéries vivantes utilisées en bactériothérapie, comme les probiotiques ou les transplantations fécales, réaliser des expériences in vitro ou détecter des pathogènes rares tels que Salmonella Typhi, souvent non repérés par le séquençage [15][17]. Fait notable, seulement 15 % des espèces sont simultanément détectées par la culturomique et la métagénomique, ce qui souligne leur complémentarité [17]. En termes de coûts, l’identification via MALDI-TOF est environ 100 fois moins onéreuse que le séquençage 16S rRNA pour chaque isolat [17]. Toutefois, les dépenses globales restent élevées à cause du travail manuel intensif que cette méthode exige.
Les tests inutiles : analyse du microbiote, intolérances alimentaires (TutoGastro ©SNFGE 2024)

Avantages et limites
Chaque méthode d’analyse du microbiome présente un équilibre spécifique entre précision, coût et utilité clinique. Par exemple, le séquençage 16S rRNA permet de cartographier la composition bactérienne jusqu’au niveau du genre, tout en restant relativement abordable. En revanche, la métagénomique shotgun, bien que plus coûteuse, offre une identification beaucoup plus fine, allant jusqu’au niveau de la souche, tout en permettant d’estimer le potentiel fonctionnel du microbiome [3][11][19]. Emmanuelle Lecommandeur, docteure en biochimie, souligne d’ailleurs que cette dernière méthode offre une résolution nettement supérieure au séquençage 16S, rendant possible une analyse au niveau de l’espèce, voire de la souche [11]. Cependant, malgré leur précision, ces techniques de séquençage restent plus complexes et plus longues à mettre en œuvre que certaines approches plus rapides, qui seront abordées ultérieurement.
En parallèle des techniques modernes de séquençage, les méthodes traditionnelles et les tests respiratoires continuent de jouer un rôle complémentaire. Les cultures, par exemple, se distinguent par leur rapidité (quelques jours) et leur efficacité dans la détection de pathogènes spécifiques. Cependant, elles ne permettent d’évaluer qu’une fraction limitée (environ 10 à 15 %) des bactéries intestinales [2][11][21]. Les tests respiratoires, quant à eux, mesurent les gaz produits par les bactéries pour détecter des troubles comme le SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth), mais ils ne permettent pas d’identifier précisément les espèces bactériennes impliquées [11]. Enfin, l’analyse des biomarqueurs fécaux se concentre sur des marqueurs biochimiques, tels que la calprotectine, pour détecter des inflammations, mais elle ne fournit aucune information sur la composition microbienne [11][20].
Chaque approche apporte donc ses propres avantages et ses limites, influençant leur place dans la pratique clinique. Toutefois, malgré ces avancées, les experts restent prudents quant à l’utilisation généralisée des tests du microbiome en routine clinique. Les preuves actuelles sont encore jugées insuffisantes pour justifier leur adoption à grande échelle [2]. De plus, les disparités entre laboratoires, dues aux différences dans les pipelines bioinformatiques, peuvent parfois dépasser les variations observées entre individus [4]. Une étude multicentrique a révélé que deux tiers des genres bactériens identifiés par profilage métagénomique n’étaient pas détectés par certains pipelines de metabarcodage 16S [4]. Francisco Guarner, consultant en gastro-entérologie, résume bien cette problématique :
« Les tests du microbiome existants aujourd’hui utilisent différentes techniques et se concentrent sur la taxonomie. La plupart d’entre eux fournissent peu d’informations à des fins diagnostiques ou pronostiques » [20].
Conclusion
Chaque méthode d’analyse du microbiote possède ses spécificités, adaptées à différents besoins. Par exemple, le séquençage 16S rRNA donne une vue d’ensemble de la diversité bactérienne au niveau du genre, tandis que la métagénomique shotgun permet une identification plus précise, jusqu’à la souche, tout en explorant les fonctions potentielles du microbiome. L’analyse des biomarqueurs fécaux cible des marqueurs biochimiques comme la calprotectine pour détecter l’inflammation, alors que les tests respiratoires mesurent les gaz produits par les bactéries pour diagnostiquer un SIBO. Enfin, les cultures traditionnelles restent utiles pour identifier rapidement certains pathogènes cultivables. Ces différences montrent bien qu’il est essentiel de choisir une méthode adaptée à vos besoins spécifiques.
Le choix de la méthode dépendra de vos objectifs, de votre budget et de votre situation clinique. Les tests grand public coûtent généralement entre 150 € et 250 €, tandis qu’une consultation pour interpréter les résultats peut atteindre 400–500 € [12][20]. À noter que certains marqueurs, comme l’élastase ou la calprotectine, peuvent être remboursés, contrairement aux analyses de séquençage complet.
L’interprétation des résultats par un professionnel est cruciale. Comme le souligne Kate Scarlata, diététicienne agréée, le microbiome varie énormément d’une personne à l’autre [20]. Ainsi, les résultats ne doivent jamais conduire à l’arrêt d’un traitement ou à un régime strict sans suivi médical [12]. En combinant ces analyses avec un accompagnement personnalisé, vous mettez toutes les chances de votre côté pour améliorer votre santé digestive.
Pour aller plus loin dans le soin de votre microbiote, Detox Naturelle propose des conseils pratiques sur l’alimentation et le mode de vie. Ces recommandations complètent l’avis médical avec une approche naturelle et globale pour soutenir votre bien-être intestinal.
FAQs
Quels sont les points forts et les limites des tests pour analyser le microbiote intestinal ?
Les techniques comme le séquençage de l’ADN (16S rRNA ou métagénomique) permettent d’examiner en détail la composition du microbiote intestinal. Grâce à ces méthodes, il devient possible d’identifier une grande variété de bactéries et de mieux cerner l’équilibre microbien. Toutefois, ces analyses peuvent s’avérer coûteuses et nécessitent des compétences techniques pointues.
Un autre obstacle majeur est l’absence de normes universelles pour la collecte et le traitement des échantillons. Cela peut affecter la fiabilité des résultats et rendre les comparaisons entre laboratoires plus complexes. Malgré ces défis, ces tests ouvrent la voie à des avancées dans la médecine personnalisée et à une meilleure compréhension du bien-être intestinal.
Comment choisir le test de microbiote intestinal qui me convient le mieux ?
Pour bien choisir un test de microbiote intestinal, il est essentiel de commencer par déterminer ce que vous recherchez. Souhaitez-vous vérifier un éventuel déséquilibre (dysbiose), repérer la présence de bactéries pathogènes ou simplement mieux comprendre l’état de votre flore intestinale ? Vos objectifs orienteront naturellement votre décision.
Ensuite, privilégiez des tests réalisés par des laboratoires reconnus, utilisant des technologies avancées comme le séquençage génétique (16S rRNA ou métagénomique). Ces méthodes offrent des résultats détaillés et fiables sur la composition de votre microbiote. Prenez aussi le temps de vérifier si le rapport fourni est clair et facile à utiliser.
Enfin, il est fortement conseillé de consulter un professionnel de santé ou un nutritionniste pour analyser vos résultats. Ces experts pourront vous aider à intégrer ces données dans une approche globale de votre bien-être. Un suivi personnalisé peut faire toute la différence pour tirer pleinement profit de ces analyses.
Pourquoi est-il recommandé de consulter un professionnel de santé pour comprendre les résultats d’un test du microbiote intestinal ?
Les tests du microbiote intestinal peuvent fournir des informations précieuses, mais leur interprétation reste délicate et nécessite une expertise médicale. Un professionnel de santé est essentiel pour analyser ces résultats, les intégrer à votre état de santé global et éviter des interprétations hâtives pouvant mener à des choix inappropriés.
Par ailleurs, ces tests ne représentent souvent qu’une pièce du puzzle. Un spécialiste pourra vous orienter vers des solutions sur mesure, prenant en compte votre mode de vie, votre alimentation et vos besoins spécifiques. Cette approche permet de tirer le meilleur parti des résultats pour améliorer votre bien-être.








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